Antonio Veronese à Génève
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Œuvres Principales
1- Famine- Mission Brésilienne aux Nations Unies-New York
2- Just Kids- Université Catholique- Rio de Janeiro
3- La Marche- Parlement du Brésil
4- A la Marge- Université de Genève-Suisse
5- Save the Children- Mont-Alverno Conference Center- Nations Unies- Etats Unis
6- Panel Foundation Integra- Santiago do Chile- Chile
7- Faces of Fear- World Childhood Foundation-Berlin
8- Brésiliens- Musée National des Beaux Arts- Rio
9- Visages du Silence- Centre Culturel du Brésil-France- Paris
10- Maternité- Fondation Paídos- Genève-
11- Étude pour La Marche- Petit Palais- Genève
12- Les Gamins de Rio-Italien-American Musée-Fort Mason-S. Francisco(USA)
Principais Obras
2- Just Kids- Pontifícia Universidade Católica- Rio de Janeiro
3- Tensão no Campo (A Marcha)- Congresso Nacional- Brasília
4- Dormindo na Rua- Universidade de Genebra-Suiça
5- Save the Children- Mont-Alverno Conference Center- RedWood City- Califórnia- USA
6- Painel Fundation Integra- Santiago do Chile-
7- As Faces do Medo- World Childhood Foundation-Berlin
8- Brasileiros- Museu Nacional de Belas Artes- Rio
9- Visages du Silence- Centre Culturel Brésil-France- Paris
10- Maternidade- Fundation Paídos- Genebra
11- Estudo de Tensão no Campo- Petit Palais- Genebra- Suiça
12- Boys of Rio- Italian-American Musée-Fort Mason-São Francisco(USA
“À Rio la part faite par Dieu est toujours magnifique, mais la part des hommes va très mal. La peinture de Veronese est un enregistrement de cette tension qu’on sent partout. C’est une réaction passionnée au chaos de cette ville qu´il aime, et que nous aimons tous. Sa peinture enregistre les personnages de ce que Veronese appelle “la guerre civile carioca”".
Tom Jobim-1990
“No Rio a parte que Deus fez continua linda, mas a parte dos homens vai mal! A pintura do Veronese é um registro disso, dessa tensão que se respira nas ruas. É uma apaixonada reação à situação em que se encontra a cidade ele ama, que nós amamos… Nela estão os personagens do que Veronese chama de “guerra civil carioca””.
Tom Jobim-1990
1- Français ci-dessous
2- Abaixo, depois do texto em Francês, página completa em Português
3- English and Italian at the end of this page.
LE VISAGE de Antonio Veronese
La recherche, presque obsédante, du visage… Le visage seul, car il s’y trouve une concentration de tout, de l’essentiel… Mais le challenge n’est pas le visage académique, soumis aux règles d’anatomie et de perspective…Non ! Le visage de Veronese est d’une simplicité absolue, presque abstractionniste… En lui, il n’y a ni le squelette osseux, ni toujours la similitude des deux côtés du visage … Mais attention, cette fausse simplicité est imprégnée d’un émouvant humanisme. En 2003, alors que sa vie était en danger à Rio en raison de la dénonciation par sa peinture de la violence contre les mineurs, Veronese quitte le Brésil pour vivre en France. Exemple du pouvoir de dénonciation de ses peintures, qui dérange le bourreau dénoncé. Il quitte le Brésil mais reste toujours engagé à l’égard de la question brésilienne. Dans ses expositions suivantes aux Etats-Unis, Suisse et en France, il continue de montrer de façon obsessionnelle ces visages, essayant de donner une image à ces personnes qui n´ont pas même le droit à une image; une façon de réagir à sa propre perplexité.En 2003, avec Visages de Silence à Paris, il ouvre un espace surprenant dans les médias français de premier rang. L’exposition initialement prévue pour 15 jours, a été prolongée trois fois et maintenue deux mois. Invité pour le prestigieux “Journal da Tarde” de São Paulo pour donner son opinion sur la Biennale de l’art de São Paulo en 2002, il résume sa position en une phrase: “Il y a plus d’émotions et d’histoire dans une simple aquarelle de Egon Schiele que dans tout le pavillon de cette Biennale ». Contrairement aux artistes qui parlent uniquement au travers de leur art, Veronese se manifeste constamment, engagé et sans crainte du stéréotype. Pour lui, l’artiste, comme chaque citoyen, doit être engagé par principe, et il insinue que nous avons tous, spécialement au Brésil, “le devoir de l’insolence”.Eloigné physiquement, mais jamais absent émotionnellement des problèmes de son pays, le peintre continue à rugir depuis son atelier dans la forêt de Fontainebleau, comme par exemple à l’occasion des élections législatives de 2006: “Nous sommes un pays qui adore rejeter ses torts sur l’incompétence et la vénalité de ses politiciens. Mais un peuple qui refuse de réélire Antonio Carlos Biscaia et donne un maximum de votes à Paulo Maluf doit arrêter de se plaindre de ses politiciens et doit prendre ses responsabilités ». Dans une critique féroce à l’encontre de l’immobilisme des habitants de Rio face à sa septicémie engendrée par la violence, il dit dans une interview à Radio France “…Il est temps pour Rio de se regarder dans le miroir, car se sentir honteux est toujours un premier pas !” En 1990, Tom Jobim a écrit: “Dans les peintures de Veronese, on trouve les figurants de ce qu’il appelle la guerre civile de Rio. Ses visages nous révèlent une image angoissante du pays. Un inventaire définitif de ces temps de choléra.
O Rosto de Veronese
A busca, quase obsessiva, do rosto…Somente o rosto, porque nele está a concentração de tudo, o substrato… Mas o desafio não é o rosto acadêmico, submetido às regras da anatomia e da perspectiva…não!! O rosto de Veronese é de uma síntese provocadora, quase abstracionista. Nele não há o arcabouço ósseo nem, por vezes, a concepção correlata das duas metades da face. Mas atenção, porque esse falso simplismo vem impregnado de um comovente humanismo. Em 2003, ameaçado de morte no Rio em decorrência da denúncia que faz sua pintura, Veronese deixa o Brasil para viver na França. Deixa o país mas não seu engajamento. Em mostras nos Estados Unidos, Suíça, e França, continua a mostrar obsessivamente esses rostos, dando cara aos que não têm direito à uma imagem, uma forma de reagir à sua própria perplexidade Sua primeira exposição em Paris, Visages du Silence, abre surpreendente espaço na imprensa francesa de primeira linha. A mostra prevista para durar 15 dias, acaba prorrogada por três vezes, ficando em cartaz sessenta dias. Convidado pelo Jornal da Tarde, do Grupo Estado, para dar sua opinião sobre a Bienal de São Paulo 2002, resumiu com uma frase sua posição: “ há mais emoção e história numa simples aquarela de Egon Schiele do que em todo o pavilhão da bienal paulistana”. Diferentemente da maioria dos artistas que se expressa exclusivamente através de sua arte, Veronese manifesta-se constantemente, publicando artigos e dando entrevistas… engajado e sem medo do clichê! Para ele o artista tem, especialmente no Brasil, “le devoir de l´insolénce”. Afastado fisicamente do Brasil, mas, jamais, emocionalmente dos problemas de seu país, o pintor continua a rugir das profundezas do seu atelier em meio à Floresta de Fontainebleu, como quando em reação às eleições legislativas de 2006: “…somos um povo que adora creditar suas mazelas à classe política, mas que nega a reeleição a Antonio Carlos Biscaia e faz de Maluf o mais votado do pais…”Crítico feroz da passividade carioca diante da septicemía da violência, diz em entrevista à Rádio France que“… está na hora do Rio olhar-se no espelho pois, sentir vergonha, já é um bom começo!” Em 1990 Tom Jobim escreveu no convite da Exposição Tensão no Rio na Galeria IDEA:”…na pintura de Veronese estão os personagens do que ele chama de guerra civil carioca”. Seus rostos traçam um perfil angustiante desses nossos “tempos de cólera”.
Veronese, par Betty Milan. Écrivain et psicanaliste (traduction de Jean Sarzana)
J’ai découvert la peinture d’Antonio Veronese en 2003, dans son exposition Visages du Silence à la Chapelle de l’Humanité à Paris. Veronese a eu un succès mérité de critique et de vente. Parmi ses toiles, figurait Choro (Le pleur) qui appartient à la reine de Suède, toile qui est devenue une icône mondiale de la dénonciation de la violence contre les enfants. L’œuvre de Veronese est considérable. Elle a donné lieu à plus de trente expositions dans le monde, sans compter les fresques et les polyptiques dans des lieux hautement symboliques : Save the children, au siège des Nations Unies ;La marche, au Parlement du Brésil à Brasilia ; Dormant dans la rue, à l’Université de Genève ; Brésiliens, au Musée National des Beaux Arts de Rio de Janeiro ; Just kids, symbole de l’Unicef,…Un tel succès s’explique à la fois par son originalité thématique - il fixe les visages d’êtres que jamais personne ne peint - et par sa manière de réaliser son art. Enfermé dans son atelier de Barbizon, il se livre pendant des heures au pinceau et se laisse emporter jusqu’à ce que le visage révélé suspende le mouvement, jusqu’à ce qu’il entende sans écouter : « Ça y est ! ». Un dévot de l’inconscient. Ce qu’il fait surprend toujours. Des milliers de visages, produits de manière obsessionnelle et infatigable pour nous émouvoir,… provoquer admiration, mépris, répulsion ou réflexion.
A travers sa peinture, Veronese révèle l’humanité des gens de rien, et surtout leur visage angélique, comme dans sont tableaux “La petite putain”. Il y a travaillé pendant des mois. Il a cherché d’abord en France le modèle auquel son pinceau l’a fait renoncer. Dans ce toile, digne des grands expressionnistes, c’est la condition dramatique de La petite putain qui est évidente… les yeux fermés et l’expression de quelqu’un qui n’est pas là, l’asymétrie entre la tête et le corps, les seins comme des fruits, et le sexe si inaccessible entre ses jambes que l’acte sexuel ne peut être qu’un viol. Les bras de robot. Celui qui la regarde comprend pourquoi Montaigne écrivait : “On aime un corps sans âme, quand on aime un corps sans son consentement et sans son désir”. Une source de pitié tout en rose, pour la tendresse infinie qu’elle inspire. Veronese est le peintre poète des innocents. Un artiste de grand souffle, résolument Brésilien, et universel. Betty Milan
Veronese, por Betty Milan
Conheci o pintor Antonio Veronese na Capela da Humanidade em Paris onde ele fazia, em 2003, sua primeira exposição na França, “Rostos do Silêncio”. Veronese teve sucesso de crítica e venda. Entre as telas expostas estava “Choro”, que pertence à Rainha da Suécia e que se transformou em um ícone mundial da denúncia de violência contra crianças.Veronese tem uma obra considerável com mais de trinta exposições individuais, além de painéis e polípticos em lugares chaves: “Save the Children” nas NaçõesUnidas; “Tensão no Campo” (A Marcha) no Congresso Nacional em Brasília; “Dormindo na Rua” na Universidade de Genebra; “ Brasileiros” no Museu Nacional de Belas Artes no Rio; “Just Kids” símbolo do UnICEF para os 10 anos do ECA… Tal sucesso é decorrente de sua originalidade temática pois ele focaliza os rostos de seres que ninguém pinta, e do seu modo de fazer arte: fechado em seu atelier na Floresta de Fontainebleu, entrega-se durante horas ao pincel e se deixa levar por ele até que o rosto revelado suspenda o movimento… Até que ele ouça, sem escutar, “eu estou aqui!” . Um devoto do inconsciente! Por isso, o que ele faz é sempre surpreendente. Milhares de rostos produzidos obsessiva e incansavelmente para emocionar, seduzir,… provocar admiração, desprezo, repulsa ou reflexão.
A Arte de Veronese é indissociável da vida … Assim é sua tela “Petite Putain”, na qual ele trabalhou meses, a fio em seu atelier de Barbizon… de início procurando na França o modelo a que o pincel o fez renunciar… A “Petite Putain” nasceu, para ser eterna …nesta tela, digna dos grandes expressionistas, é a condição dramática da pequena puta que se evidencia… olhos cerrados e a expressão de quem não está, assimetria entre a cabeça e corpo…seios como pomos e o sexo tão inacessível entre suas pernas que o ato sexual só pode ser sinônimo de estupro.Sua palheta, paradoxalmente, é predominantemente rosa.
Veronese é o pintor-poeta dos inocentes. Um artista de grande fôlego que, sendo absolutamente brasileiro, é universal.
Betty Milan-Psicanalista e escritora, autora entre outros de “Paris não acaba Nunca”.Correspondente da Folha de São Paulo em Paris. Titular da coluna “ Fale com Ela”, na Revista Veja.
Rencontre de Païdos et d’Antonio Veronese. L’association a rencontré Antonio Veronese lors de sa venue à Genève en 1997, pour la défense des droits du Mouvement de Sem Terra (Paysans Sans Terre) face à l’ONU. A cette occasion nous avons sollicité Antonio Veronese qui a contribué à l’exposition Les enfants en marge.
Nous entretenons depuis 2 ans des contacts réguliers et il nous a apporté, à l’automne 1998, un choix d’œuvres d’enfants en prison, parmi plus de 300 dessins en sa possession. Ce sont 100 de ces dessins qui sont actuellement exposés dans nos locaux et peuvent faire l’objet d’une visite interactive pour les écoles, sur demande des enseignants.
Un projet de resocialisation “Le projet de resocialisation à travers l’art est un projet autrement fascinant, une expérience humaine très riche. Je pense que ce que Antonio Veronese fait est une leçon de vie pour nous tous, parce qu’il est en train de prouver que l’art peut être un chemin de libération en situation de vie précaire. Le travail d’Antonio Veronese est un effort héroïque culturel pour que les enfants en prison puissent reconquérir un sentiment de dignité à travers l’art. Je pense que c’est une expérience à travers l’art. Je pense que c’est une expérience très belle que nous devons communiquer à tous.” Francisco Welfort, ministre de la culture, Brésil
“En invitant ces jeunes délinquants à travailler avec lui, Veronese les transforme en simples jeunes. En leur apprenant à peindre, il les transforme en artistes.” Antonio Callado, écrivain.
Association Païdos- Genève
http://www.paidos.org/na_expos_archives_prison.html
Leia Artigos publicados em Português por Veronese em:
www.antonioveronesephotos.blog.com
600 Enfants
Imaginez une salle de classe petite et sombre aux murs suintants avec quarante-six enfants. Vingt-cinq sont noirs, douze mulâtres et neuf blancs. Seize ont des poux, quatre on la gale, onze de la conjonctivite, un a le corps bardé de furoncles. Vingt- trois sont couverts de cicatrices résultant d´agressions, douze ont déjà été blessés par balles, quatre au couteau, trois présentent des marques de brûlures. Vingt-six sont analphabètes, douze n´écrivent que leur nom, vingt-huit sont orphelins de père, hui de mère et six de père et mère. Dix-neuf ont été violés, trente-neuf ont déjà fumé de la marijuana, quarante et un ont respiré de la colle, vingt-deux sont drogués à la décoction de champignons, sept ont des tics nerveux, dont le bégaiement. Un est hypermétrope et souffre d´une cataracte dégénérative, un a une pneumonie, un probablement la tuberculose, un a la peau de la jambe droite si fragile suite à des brûlures au troisième degré qu´elle se rompt au moindre contact, vingt-trois ont des maladies vénériennes, six sont condamnés à mort par les narcotrafiquants, onze ont de sérieux désaccords au sein de leur propre communauté ou au sein de la prison, un a sur le corps dix-huit cicatrices de brûlures de cigarettes et a complètement perdu l’articulation de son coude gauche après avoir été attaché et traîné par une voiture. Cette salle de classe, dans une prison pour mineurs, dégage un mélange d’odeurs de dérangements intestinaux et de sueur. Ce groupe de malheureux ne dérange plus; on l’a retiré des rues, il ne met plus personne en danger. Ce groupe est mal-né, a grandi mal nourri ; dès l’enfance ils ont été battus comme s’ils étaient grands ; encore impubères, ils ont pratiqué le sexe comme des adultes… Ce groupe de misérables a vite découvert qu’une goutte de colle de cordonnier éloigne la faim et aide à dormir et que son coût est dix fois inférieur à celui d’un hamburger. Ce groupe d’enfants, complètement orphelins de l’Etat, a bien essayé de trouver un emploi mais a fini par céder aux appels des sirènes des trafiquants, avec leurs propositions d’argent facile et d’émotions sans limites. Ce groupe, au passé tragique et au futur sombre, est réuni dans cette classe, dans la torpeur d’un après-midi, pour écouter Mozart et peindre à l’huile. Il est surprenant de constater que le travail qui sort de cet atelier enchante et révèle, malgré tout, une réminiscence d’âme d’enfant chez ces gamins au vilain visage et à l’histoire triste. Grâce à l’apprentissage de la peinture et à l’écoute de la musique, plus de cinquante pour cent d’entre eux verront leurs peines réduites et seront considérés réadaptés à la société. Stimulés par des activités esthétiques et culturelles, ils s’émeuvent et récupèrent rapidement leur estime de soi et leur dignité. La violence à l’intérieur du groupe chute à zéro, sa récidive, trois fois moindre. Rien qu’à Rio, plus de cinq cents enfants sont assassinés chaque année. Cinq mille cinq cents subissent des lésions corporelles graves et soixante et onze pour cent de tous les enfants de Rio, indépendamment de leur classe sociale ou de la géographie urbaine, pâtissent de maladies psychosomatiques causées par la peur. Je viens de présenter devant la Commission des Droits de l’Homme aux Nations Unies, les photographies de cent soixante de ces enfants avec lesquels j’ai travaillé et qui ont en commun des corps marqués de quantité de cicatrices dues à la violence urbaine, domestique et policière. Les chiffres du recensement de la violence contre les mineurs à Rio nous permettent d’affirmer qu’il y a un génocide de jeunes en cours au Brésil ! C’est de cela dont nous devons nous occuper en priorité! (Texte publié par Veronese, maître de peinture dans les prisions de mineurs au Brésil)
600 Meninos- Antonio Veronese-Jornal do Brasil
Imaginem uma sala pequena e suarenta, quase escura, com quarenta e seis meninos .Vinte e cinco destes são negros, doze mulatos e nove brancos. Dezesseis estão com piolho, quatro com escabiose, onze com conjuntivite, um tem o corpo coberto por furúnculos. Dezesseis tem cicatrizes massivas resultantes de agressões, doze já foram baleados, quatro feridos à faca, três têm marcas de queimaduras.Vinte e seis são analfabetos totais, doze só sabem escrever o próprio nome, vinte e oito são órfãos de pai, oito órfãos de mãe, seis de pai e mãe. Nove deles foram violentados, trinta e nove já fumaram maconha, quarenta e um já cheiraram cola, 22 revelam uma grande “fissura” por chá de cogumelo, sete têm tiques nervosos entre os quais a gagueira. Um tem hipermetropia e catarata degenerativa, um está com pneumonia, um com suspeita de tuberculose, um tem a pele da perna direita fragilizada devido a queimaduras de terceiro grau, vinte e três estão com algum tipo de doença venérea, seis estão jurados de morte pelo tráfico, onze têm desavenças sérias na própria comunidade ou no presídio, um tem dezoito marcas de queimaduras a cigarro, um tem um pedaço de vidro encravado na face, e um perdeu totalmente a articulação do cotovelo esquerdo após ser amarrado a um automóvel e arrastado. Dos quarenta e seis, doze! estarão mortos antes de completar 25 anos. A sala, dentro de um presídio de menores, tem uma mistura de cheiros produzidos pelos desarranjos intestinais e a copiosa sudorese. Esse grupo de infelizes não incomoda mais; está retirado das ruas, não causa mais risco a ninguém. Esse grupo nasceu mal-nascido, cresceu mal-nutrido, desde pequeno apanhou como gente grande, ainda impúbere fez sexo como gente grande… Esse grupo de desgraçados logo descobriu que uma ponta de cola de sapateiro, dez vezes mais barata do que um cachorro quente, tira a fome e ajuda a dormir… Esse grupo de meninos, órfãos absolutos do Estado, até que tentou arrumar um emprego, mas acabou sucumbindo ao canto de sereia dos traficantes,com suas ofertas de dinheiro fácil e emoções sem limites. Esse grupo, de trágico passado e sombrio futuro, está reunido nesta pequena sala, na modorra da tarde, para ouvir Mozart e pintar a óleo e, surpreendentemente, o trabalho que resulta desta tosca oficina encanta a todos, e revela, apesar de tudo, uma remanescente alma de criança nesses meninos de cara feia e história triste. Pelo simples exercício de pintar e ouvir música, mais de 50% deles tem suas penas reduzidas ou comutadas, sendo considerados re-adaptados ao convívio social. Provocados por atividades estético-culturais emocionam-se e recuperam rapidamente a auto-estima e a dignidade. A violência intra-grupo cai a zero e a sua reincidência no crime é três vezes menor. Somente no Rio de Janeiro mais de 600 meninos são assassinados a cada ano. Outros 5.500 sofrem lesões corporais dolosas, e sessenta e um por cento de todas as crianças cariocas,independentemente de classe social ou geografia urbana, sofrem de doenças psicossomáticas relacionadas ao medo. Acabo de apresentar à Comissão de Direitos Humanos das Nações Unidas fotografias de 160 dessas crianças que trabalharam comigo, as quais têm em comum os corpos marcados por cicatrizes decorrentes da violência urbana, doméstica e policial.Os números censitários da violência contra menores no Rio nos permitem afirmar que há um genocídio de jovens em curso no Brasil! E, disso, precisamos tratar prioritariamente! Não advogo impunidade, pois sei que muitos destes infratores têm tal septicemia moral que têm que ser afastados do convívio social. Mas o que especialmente me incomoda é a constatação de que a imensa maioria deles poderia ser salva, mas , apesar disso, está simplesmente sendo jogada no lixo. (Texto publicado por Antonio Veronese no Jornal do Brasil-Rio)
L´image des marginalisés n’est pas obscène…Obscène est l’indifférence - Antonio Veronese
A imagem dos marginalizados não é obscena…Obscena é a indiferença- Antonio Veronese
Le magazine Nuevamerica, publié aux États Unies, consacre son édition, de Décembre 2007, à une synthèse des arts plastiques en Amérique Latine. Avec un éditorial du célèbre critique et poète brésilien Ferreira Gullar. Artistes brésiliens sélectionnés : Oscar Niemeyer, Cândido Portinari, Tarsila do Amaral et Antonio Veronese
A revista Nuovamérica publicada nos Estados Unidos dedica sua edição de Decembro de 2007 a uma síntese das artes plásticas na América Latina. Com um editorial do célebre crítico e poeta Ferreira Gullar. Artistas brasileiros seleconados: Oscar Niemeyer, Cândido Portinari, Tarsila do Amaral e Antonio Veronese.
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“Dans ces visages à l’apparence torturée, presque inquiétante et repoussante, Antonio Veronese a vu la parcelle lumineuse et nous la transmet. Ses visages, ses regards sont un vibrant témoignage de l’humanité qui existe en chaque personne”-Marinka Schillings-
“Nesses rostos de aparência torturada, inquietantes e quase repulsivos, Antonio Veronese pôde entrever a parcela luminosa, que ele nos revela. Esses rostos, esses olhares são um testemunho vibrante do humano que existe em cada um de nós” Marinka Schillings-
antonioveronese1@yahoo.fr
Petite Putain
A seguir, entrevistas, críticas, frases retiradas de entrevistas, e comentários de personalidades sobre sua pintura de Antonio Veronese
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-Entretien avec Antonio Veronese à la suite de l´exposition “Les Visages de Antonio Veronese “, UNESCO- Paris
-Entrevista com Antonio Veronese feita durante a exposição Os Rostos de Antonio Veronese, UNESCO-Paris

Extrait de l’entretien paru dans la revue Chimères -Édition 68
Chimères: Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Antonio Veronese: J’ai depuis toujours été touché par notre vulnérabilité… Notre perplexité devant la vie et la mort… J’imagine que ça a profondément influencé ma peinture. J’ai eu une enfance pauvre… autour de moi j’avais les visages de l’échec avec une puissance, une dramaturgie, une beauté qui surpassent la superficialité des visages de la bourgeoisie. Depuis l’âge de 11 ou 12 ans, je suis obsédé par ce théâtre expressionniste, ces personnages en dehors des règles esthétiques de la pub. En me regardant, enfant, peindre ces visages, mon entourage me croyait fou. Mais un jour, par hasard, dans ce petit village où j’habitais à l’intérieur du Brésil, j’ai découvert un livre de Modigliani et je me suis dit: voilà, je ne suis pas le seul fou!
Ch.: Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre expérience avec ces jeunes prisonniers au Brésil ?
A. V.: Le gaspillage de talent. Des garçons tellement doués pour la musique ou le sport, incarcérés à cause de délits sans gravité, prisonniers à cause de l´oublie de l’État, et mal récupérés à cause de l’incompétence de l’État. Ce drame brésilien s’impose avant tous les autres. C’est une question de dignité nationale. En dehors de la question morale, il y a la question quotidienne de la violence… La source de cette violence, c’est la frustration de ne pas réussir dans les canons du matérialisme d’une société obsédée par la réussite. C’est pour ça que j’ai dit que la violence carioca est une forme moderne de lutte des classes.
Ch.: Face à un échecpluriel: famille, école, rue… comment aider un enfant en rupture sociale?
A. V.: En le sensibilisant, en faisant ressortir ses émotions aux contacts des conquêtes de l’humanisme : de l’art, de la musique, de la danse, du théâtre… Ce sont des choses très efficaces pour les enfants en situation d’extrême risque. L’esthétique, c’est un médicament !
Ch.:Comment, selon vous, articuler protection de l´enfant et traitement de la délinquance juvénile?
A.V.: L´enfant délinquant a besoin, comme jamais, de la protection de l´État et de la société. Parce qu´il est placé “au front” de la société, il est confronté à des risques extrêmes…Il est toujours au bord de l´abîme. Donc, l´État qui n´a pas assuré sa formation doit s´engager fortement dans sa protection.
Par rapport à la délinquance juvénile, je ne suis pas du tout l´avocat de l´impunité. Je trouve que certains des ces gamins souffrent d´un tel septicémie moral qu´ils doivent être écartés de la société. Le problème est qu´au Brésil l´immense majorité des ces enfants pourrait encore être sauvée mais, malgré ça, ils sont en train d´être jetés à la poubelle.
Ch.: Des quels fondamentaux faudrait- il disposer pour prévenir la délinquance juvénile?
AV.: Dans la situation brésilienne, il faut d´abord récupérer l´école publique. Je suis issu de l´école publique qui, il y a trente ans, était de très bonne qualité. Il faut la récupérer surtout parce qu´elle atteint les classes les moins privilégiées, celles qui sont les plus touchées par la violence. Au Brésil, la violence est un phénomène qui affecte surtout les pauvres et la justice est un outil surtout pour les riches. Pour qu´un enfant échappe à cette spirale, il faut que l´État s´engage fortement à sa formation. Ceci est notre grande urgence, notre priorité.
Ch.:Pourquoi peindre aujourd´hui?
AV.: Parce que la peinture est toujours une nécessité humaine; parce qu´il y a une urgence contemporaine; parce que ce serait un appauvrissement que de laisser seulement à la littérature et au cinéma le rôle de capter et de réagir à contemporanéité.
Ch.: La peinture n´est-elle pas dépassée historiquement?
AV.: Non, au contraire, elle continue à être uns des moyens d´enregistrement
les plus fiables, et un des outils plus sophistiqués de l´Homme.
Ch.: Pourquoi cette obsession pour le visage?
AV.: Parce que sa complexité est inépuisable. J´ai ouvert la boîte de Pandore.
Ch.: La peinture est-elle encore un instrument efficace pour la dénonciation des violences?
AV:. La preuve c´est que vous êtes là, pour m´interviewer






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